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Table des matières
VI. Exemples de mesures ellipsométriques
Les mesures présentées dans ce chapitre ne concernent que
l'ellipsométrie des couches minces.
Il s'agit d'exemples de mesures effectuées avec des ellipsomètres
de type monochromatique à lame quart d'onde tournante :
Cet ellipsomètre peut effectuer plusieurs mesures par seconde,
mais ce n'est pas sa rapidité qui est mise en valeur dans les exemples
qui suivent mais sa précision et sa répétabilité.
VI.1. Cinétique d'oxydation du silicium
Le silicium nu s'oxyde lentement à température ambiante à
l'air libre. Cet oxyde natif est de nature incertaine et ne possède
pas les bonnes propriétés des oxydes thermiques.
Il s'agit là d'une oxydation lente d'une plaque de silicium
(100) fraichement désoxydée avec une solution tamponnée
d'acide fluorhydrique (FHFNH4) :
L'oxydation a été observée pendant plus de trois
heures ; l'oxyde natif atteint l'épaisseur de deux nanomètres
au bout de quelques jours. La répétabilité de la mesure
est de l'ordre de trente picomètres.
VI.2. Compaction de résine lithographique
Les résines de lithographie pour l'ultra-violet profond se compactent
comme tous les polymères déposés par centrifugation
(spin coating). La compréhension de cette compaction est importante
pour la maîtrise des technologies du dixième de micron : c'est
un phénomène autoretardé logarithmique qui finit par
se stabiliser. L'ellipsométrie temps réel a permis d'observer
la densification des résines autour des températures de transition
vitreuse.
Lors de l'évaporation de groupements légers consécutifs
aux phénomènes de déprotection, l'épaisseur
s'effondre brutalement pour retrouver une loi de compaction logarithmique
qui se stabilise sur un nouveau plateau : c'est ce que montre complètement
la courbe de compaction à 190°C.
Les courbes suivantes montrent la déprotection thermique de
la résine UV III 248 nm DUV de Shipley (Tg =145°C).
Le graphe suivant montre la localisation de tous les points mesurés
par l'ellipsomètre monochromatique dans le plan Psi-Delta ; la résine
était déposée par centrifugation (spin coating) sur
des plaques de silicium (100) et l'ellipsomètre fonctionnait à
70° d'incidence avec un laser HeNe pour la longueur d'onde 632 nm :
Cette localisation prouve que l'indice de réfraction de la résine
n'a pas varié de plus de 0.01 ce qui facilite la comparaison des
courbes de variation d'épaisseur mais ne s'explique pas simplement
(la densification s'accompagne souvent d'une augmentation d'indice).
L'interprétation des phénomènes physiques est
consignée dans les proceedings SPIE Vol. 3333, p. 289-300, Advances
in Resist Technology and Processing XV, Willard Conley Ed., juin 1998 dans
l'article intitulé :
"Study of bake mechanisms by real-time in-situ ellipsometry" Paniez
Patrick, Vareille Aimé, Ballet Patrice et Mortini Bénédicte.
Cet article peut être commandé directement sur le site WEB
: http://bookstore.spie.org.
VI.3. Cartographie de siliciure de germanium
L'intérêt de ces cartographies est de montrer qu'un simple
ellipsomètre monochromatique équipé d'une architecture
logicielle convenable donne d'excellents résultats sur des multicouches
semi-transparents. Les mesures présentées suivent un diamètre
de plaque de silicium de 200 mm. La modélisation a pris en compte
l'oxyde de 4 nm sur la plaque de silicium, puis le siliciure de germanium,
puis une rugosité de surface dont l'importance ellipsométrique
est considérable (les chiffres obtenus par ellipsométrie
concordent avec les mesures effectuées à l'aide d'un profilomètre
mécanique) :
L'empilement est le suivant :
-
Silice thermique de 4 nm d'épaisseur et d'indice 1.465
-
Siliciure de germanium de 70 nm à 130 nm d'indice de réfraction
5.2 - i*0.8
-
Rugosité superficielle de 3 nm d'indice de réfraction intermédiaire
entre le SiGe et l'air : 2.4 -i*0.4
Les onze premiers points qui plongent à gauche vers le bas simulent
la croissance de silice thermique de quatre nanomètres ; la spirale
simule la croissance du siliciure de germanium avec une rugosité
superficielle constante de trois nanomètres.
Les points qui ne sont pas rigoureusement sur la spirale sont des points
où la rugosité est essentiellement supérieure à
3nm.
La spirale s'enroule autour du point caractéristique de l'indice
de réfraction du siliciure de germanium massif ; l'opacité
totale survient au delà de 250 nm d'épaisseur de SiGe.
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